Les pêcheurs sont, par contre, généralement moins disponibles en fin de pêche : fatigués, pressés de se restaurer ou de rentrer chez eux ou désireux de s’assurer de la conservation de leur pêche. Le taux de refus des enquêtes est toujours plus fort en sortie de site et l’agacement face à la longueur du questionnaire est plus fréquent. Nous conseillerons donc d’effectuer en priorité les enquêtes directement sur l’estran, à l’exception de celles portant uniquement sur les récoltes.
Toutefois, il est important d’enquêter les pêcheurs sur l’ensemble des stratifications temporelles définies grâce à cette étude préalable. En effet, les espèces ciblées peuvent ne pas être les mêmes selon les niveaux de coefficient des marées ; de même, les profils des pêcheurs peuvent être différents selon les stratifications (exemple : certains pêcheurs pourraient préférer la tranquillité des sites de pêche à faible fréquentation).
La plage horaire idéale pour enquêter les pêcheurs est assez variable. Elle dépend souvent du site et du public qui le fréquente. Nous retiendrons qu’il ne faut pas arriver trop tôt en début de marée car les paniers sont souvent presque vides et que les extrapolations des récoltes finales sont difficiles, voire impossibles. Il convient également de ne pas arriver trop tard car le nombre de questionnaires réalisés s’en trouvera largement limité.
Le nombre de sorties pour réalisation d’enquêtes à programmer ainsi que leur répartition dans le temps dépendent de la variabilité des profils de pêcheurs et des types de pêche au cours de la saison. Plus la variabilité est grande, plus le nombre de sorties et le nombre d’enquêtes à réaliser devra être important et se répartir dans le temps afin de couvrir l’ensemble des profils.
Le matériel de terrain nécessaire à chaque enquêteur est le suivant : 1 plaquette de prise de note et/ou une tablette reliée à la base ESTAMP ; plusieurs stylos ou crayons de papier (selon les conditions du site et la météorologie) ; 1 récipient suffisamment grand (type seau) dont le poids sera taré au préalable ; un tamis trieur de coquillages adapté à l’espèce pêchée sur le site étudié (du type de ceux utilisés par les pêcheurs à pied professionnels) ; un pied à coulisse ; des bottes ou des cuissardes.
- La collecte des données se fait par la réalisation d’une enquête restreinte s’intéressant particulièrement au contenu du panier. Dans le cas d’un couple ou d’un groupe, le pêcheur enquêté devra être choisi de façon aléatoire. Il est important que ce soit l’enquêteur qui choisisse la personne enquêtée afin d’obtenir une vue réellement objective de la diversité des pêcheurs et de ne pas biaiser les profils par une surreprésentation des personnes les plus désireuses de répondre (représentant souvent un profil particulier de pratiquants).
Le panier est trié de manière à distinguer les prises maillées et les prises non maillées. La proportion maillée d’une récolte de coquillages sera obtenue de préférence par l’utilisation d’un tamis (les coquillages maillés retenus dans le tamis seront pesés et comparés au poids total de la récolte) ou par une mesure de certains individus.
Pour les espèces comme les étrilles, les tourteaux, les araignées, on relèvera le nombre total d’individus et le nombre d’individus maillés. Il peut également être intéressant de noter l’engin utilisé pour la récolte des différentes espèces pêchées. Pour le cas d’une récolte réalisée avec plusieurs engins, il n’est pas toujours évident de différencier les récoltes par engin, les proportions de chacune pourraient alors être estimées par le pêcheur.